Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, de Maya Angelou

Publié le par djak

angelou.jpgUn titre très mystérieux, une couverture frappante et une présentation très efficace par l'éditeur, il n'en fallait pas moins pour me faire saisir ce roman autobiographique de Maya Angelou, femme noire américaine qui a choisi de retracer sa vie, de son enfance à l'âge adulte, dans une Amérique marquée par le racisme et la ségrégation.

Un roman lourd,difficile, qui dit les faits, les sentiments, les pensées d'une jeune fille noire grandissant dans un univers où elle et les siens ne sont pas les bienvenus : "Si grandir est pénible pour une petite fille noire du Sud, être consciente de sa non-appartenance c'est la rouille sur le rasoir qui menace sa gorge". Nous lisons dans ce récit les faits quotidiens d'une communauté noire où le moindre changement pouvait être le signe de nouvelles terrifiantes pour les proches. Nous y lisons également les humiliations subies par cette enfant et, surtout, par ses plus proches : sa grand-mère humiliée par un groupe de petites filles blanches, son vieil oncle forcé de se cacher sous les pommes de terre et les oignons parce qu'une chasse à l'homme noir, n'importe lequel, a été lancée par les jeunes blancs suite à l'agression d'une des leurs... Plus tard, Maya et son grand frère Bailey iront jusqu'à Saint-Louis, rejoindre leur mère, puis jusqu'à Baton Rouge, avec leur père. Un parcours toujours plus vers le Sud, un parcours initiatique où la jeune fille croise différents modes de vie noirs : la soumission, la survie par le petit commerce, la pègre noire, les cercles artistiques... Comment trouver une place dans cette communauté, puis dans la société américaine dans son ensemble ? Comment passer du regard naïf de l'enfant à l'action concrète de l'adulte ? Telles sont les questions qui sont excellemment posées.

Le mode de narration, par contre, m'a laissée perplexe. De belles pages, dès le début, vives, chargées en émotion. Puis une narration plus simplement chronologique, mais dans laquelle on se perd (de qui parle-t-elle? Quel âge a-t-elle... ?) et quelques longueurs sur la vie en communauté qui, si elle semble effectivement essentielle pour comprendre l'état d'esprit de l'enfant noire, ne m'ont pas particulièrment intéressée.

 

En somme, pour le parcours personnel, ce livre n'est pas tout à fait convaincant. Par contre, cela reste un témoignage puissant sur le racisme des années 30 aux Etats-Unis et sur la force de caractère et la foi dont devait faire preuve la communauté noire pour survivre dignement, malgré tout.

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Catherine 17/07/2010 21:45


J'avais beaucoup aimé ce roman autobiographique !


djak 19/07/2010 11:06



Je ne lis pas beaucoup d'autobiographie, mais celle-ci est vraiment de qualité!



Stephie 13/06/2010 07:47


Il est sur ma PAL depuis des mois... lui aussi...


djak 15/06/2010 21:14



"lui aussi..."  Je me rappelle, l'été dernier je crois, lorsque j'ai vu la tête de
ta PAL... je n'imagine même pas maintenant!



Leiloona 11/06/2010 22:57


Une amie aime beaucoup ses oeuvres, mais je crois qu'elle m'avait dit que ce livre était le moins réussi de cette femme ... A voir. Je n'en ai pas lu encore.


djak 15/06/2010 21:15



J'en lirai sûrement un autre car ça a l'air d'être un sacré bout de femme, cet auteur!



Livraison 09/06/2010 20:58


"La couleur pourpre" m'avait un peu traumatisée quand je l'ai vu il y a quelques années... Sortant tout juste d'une lecture sur le thème de l'apartheid, je ne me sens pas d'humeur à affronter ce
genre de roman autobiographique pour le moment !


djak 10/06/2010 19:04



je te comprends. Ce sont des lectures lourdes!



Liyah 09/06/2010 19:22


Il me tente bien celui-la ! J'aime beaucoup le sujet aborde ! En revanche ca me bloque un peu au niveau de la narration du coup ! Je verrai bien a l'occasion !


djak 10/06/2010 19:03



Je t'avouerais que je suis allée un peu plus vite sur certaines pages...