La Route, le film...

Publié le par djak

la-route-film.jpgNous l'avons plusieurs fois évoqué ici, à l'occasion de mon billet sur le livre de Mc Carthy. Voici donc un petit quelque chose sur le film de John Hillcoat que j'ai vu hier.

 

D'emblée, je dirais qu'il m'a plu, énormément plu.

 

Nul besoin de connaître le récit d'origine pour apprécier le film et pénétrer l'atmosphère grisâtre qu'il met en place et qui s'assombrit à mesure que les personnages poursuivent leur cheminement sur la route. Le réalisateur a réussi à retranscrire l'ambiance étouffante du roman, grâce à des paysages de désolation très réussis, à des choix de plans partiels qui parviennent à rendre palpable la peur des personnages, souvent au sol, souvent cachés, qui découvrent en même temps que le spectateur les dangers qui les entourent... continuellement.

La bande-son quant à elle est parfaite : la musique se fond dans l'atmosphère d'errance du film. Elle n'est pas là pour meubler le silence, bien au contraire, elle lui laisse toute sa place, ce qui n'est pas un choix facile dans un film où les actions ne sont pas nombreuses. Musique feutrée, silences fréquents, parfois la voix-off du père, des flash-back réguliers mais sans être abusifs, quelques dialogues épars, le tout créant une tension sans cesse grandissante, toujours plus angoissante. Vraiment, ce que j'ai apprécié, c'est que le réalisateur ait fait l'effort, au maximum, de ne pas dénaturer le texte, de ne pas remplir cette part de silence, de non-dit qui a fait, pour moi, sa beauté.

L'acteur principal, Viggo Mortensen, est également à la hauteur, et même plus. Je regrette par contre que l'enfant ne soit pas aussi bon (mais mon expérience cinématographique me montre que je dois avoir un souci avec les comédiens jeunes, car rares sont ceux qui me paraissent convaincants...) : la relation entre le père et l'enfant est développée de manière différente dans le film, plus dramatique, presque trop dramatique pour moi. Ici, l'enfant paraît parfois en conflit ouvert avec son père et souvent, le ton qu'il prend (je l'ai vu en V.O) est à la limite du pleurnichard et j'ai souvent été crispée par son jeu. Pour le coup, dès le début, j'avais une attente concernant les dialogues entre le père et l'enfant, et j'ai eu une légère déception. Je voulais voir comment le réalisateur aurait pu montrer la maturité de l'enfant, son attitude adulte si perturbante et touchante et... bah je n'en ai pas eu l'occasion... Mais c'est un petit détail à côté de la qualité du reste.

 

 

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Liyah 14/04/2010 12:49


J'aimerai beaucoup lire le livre ! Après je m'attaquerai au film, j'ai pas trop faire l'inverse !


djak 14/04/2010 17:09



Bonnes découvertes, alors!



Anne Sophie 09/04/2010 14:55


n'ayant pas aimé le livre, je laisse le film de côté...


djak 10/04/2010 11:26



à l'occasion, peut-être...