Le Passage de la nuit, de Haruki Murakami

Publié le par djak

PassageNuit.jpgDans ma découverte de la littérature japonaise, Murakami était, selon l'amie qui me l'a offert, incontournable et, après lecture, je comprends pourquoi.

Le récit du Passage de la nuit est double : d'un côté, nous accompagnons la jeune Mari dans la nuit blanche qu'elle entame, dans un bar, plongée dans son livre, mais bientôt interrompue par plusieurs personnages qui cherchent à nouer un lien avec elle. De l'autre côté, nous observons sa grande soeur, Eri, plongée dans un profond sommeil, si profond qu'il en devient étrange.

Le Passage de la nuit nous plonge de manière surprenante dans un Tokyo moderne, très urbain, où les destins se croisent et se racontent au détour d'une conversation dans un bar, un restaurant, un love-hôtel, ou encore par le biais d'un téléphone portable. L'atmosphère de la nuit est également habilement dépeinte :  intimiste et inquiétante tout à la fois, propice à l'émergence de l'étrange et de l'angoissant, du doute et de l'incroyable, de l'invisible et de l'apparition surnaturelle...

Le style, quant à lui, est vraiment des plus particuliers : il oscille entre une narration assez traditionnelle, simple, autour de Mari, avec des rencontres, des dialogues, des mouvements ; et une narration très cinématographique, très visuelle, où le "nous" est omniprésent, happe le lecteur et l'entraîne dans le point de vue d'une caméra focalisée sur la belle endormie et les événements étranges qui se jouent autour d'elle, sans qu'elle en ait conscience. Ce style, que j'ai trouvé au début original, a fini par gêner ma lecture, par devenir très lourd. Des phrases comme "Nous découvrons un lit. Nous comparons le lit vide dans la chambre à celui qui apparaît à l'écran. Nous évaluons les détails de part et d'autre, un par un" m'ont vraiment donné l'impression de perdre ma liberté de lectrice, d'être manipulée dans ma découverte des lieux et des personnages et... c'était désagréable... Désagréable, et en même temps véritablement étonnant qu'un récit puisse produire cette sensation. C'est pour cela que je disais, au début de mon billet, que je comprends que Murakami, dans son style, soit incontournable. Malgré tout, cette lecture me laisse perplexe car si j'ai aimé croiser les interlocuteurs de Mari, tous aussi hauts en couleurs les uns que les autres, j'ai par contre eu du mal avec les chapitres consacrés à Eri, avec ce point de vue pour le moins déroutant.

Publié dans Littérature japonaise

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Cassandra 02/05/2010 09:42


J'ai déjà un autre livre de Murakami dans ma PAL, s'il me plait je tenterai peut-être elui-ci par la suite.


djak 02/05/2010 12:57







Livraison 17/04/2010 12:15


Chez nous on est assez fan de Haruki Murakami, mais aucun de nous deux n'a lu "Le Passage de la nuit". En revanche, nous avons chroniqué "Kafka sur le rivage" (vraiment à lire !), "La fin des
temps" et "Les amants du Spoutnik" (vois ici http://livraison.over-blog.com/categorie-11213659.html ) et lu avec beaucoup de plaisir "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" et "La course au
mouton sauvage". Peut-être qu'un de ces titres te donnera une autre image de l'auteur...


djak 18/04/2010 11:07



je vais aller voir ça et noter d'autres titres car je ne désespère pas de l'apprécier!



Liyah 14/04/2010 12:46


Moi non plus je ne connais pas encore cet auteur ! Pourtant j'ai deux de ses livres dans ma PAL !


djak 14/04/2010 17:29



eh bien j'ai hâte d'avoir d'autres avis dessus car pour l'heure, je reste sur ma faim!



pimprenelle 12/04/2010 15:51


Je n'ai jamais lu cet auteur mais il faudrait que j'y remédie!


djak 12/04/2010 21:36



Bon, j'en ai parlé à mon spécialiste du japon au collège et il adore l'auteur, mais ne connait pas cette oeuvre. J'ai peut-être tiré le mauvais numéro...