Le village aux huit tombes, de Seishi Yokomizo

Publié le par djak

yokomizo.jpgAprès avoir découvert et aimé les récits à suspense japonais avec les nouvelles de Akutagawa, j’ai voulu poursuivre avec un récit plus long : Le Village aux huit tombes, de Seishi Yokomizo.

Ce récit à la 1ère personne se déroule essentiellement dans un village au surnom effrayant, « le village aux huit tombes », qui lui vient d’un passé obscur que le narrateur nous rapporte dès l’entrée du roman. Selon la légende, le village serait maudit pour plusieurs générations par l’esprit de huit samouraïs en fuite qui y avaient trouvé refuge au XVIe siècle mais qui ont été trahis et assassinés par les habitants, alléchés par l’espoir d’une récompense et d’un trésor que les guerriers auraient détenu. Depuis ce temps, e trésor n'a pas été retrouvé et la légende perdure. Dans les années 1920, le coup de folie Yôzô  Tajimi, issu d’une des familles les plus puissantes du village, ne fait qu’alimenter cette peur ambiante. En effet, d’un caractère difficile, intransigeant et violent, Yôzô va d’excès en excès, jusqu’au soir où, armé d’une épée et d’un fusil, il parcourt le village à la recherche de sa malheureuse épouse et assassine pas moins de 32 personnes sur son passage… Une nuit d’effroi et de panique qui marquera à jamais l’esprit des villageois, tout comme la légende des samouraïs assassinés, d’autant que Yôzô, alors âgé d’une trentaine d’années, disparaît mystérieusement après ce carnage… Voilà pour l’introduction du récit, déjà haute en couleurs et en émotions !

Bien des années plus tard, à Kobê, le jeune Tatsuya Terada apprend qu’un habitant de ce village mystérieux le recherche et souhaite entrer en contact avec lui. Quel lien entretient Tatsuya avec ce village ? Pourquoi, à son arrivée au village, les meurtres recommencent-ils ? Que cachent les profondeurs labyrinthiques du village ? Quel personnage cherche la perte de Tatsuya, le faisant accuser d’être l’héritier funeste de Yôzô ? C’est avec l’aide du célèbre détective Kindaichi, venu à son secours, que Tatsuya découvrira avec horreur et consternation les raisons des nouveaux meurtres commis dans le village, qui le toucheront de très près.

 

Ma découverte du genre policier à la japonaise s’est donc poursuivi avec succès : j’ai passé un agréable moment avec ce roman, qui fait flirter avec brio le genre policier et le genre fantastique, et dont la fin est franchement réussie, pleine de surprise et sur un rythme haletant. Toutefois, je reprocherais quand même certaines longueurs à l’ensemble, sans doute caractéristiques d’un genre japonais qui aime à prendre son temps et à installer une ambiance feutrée, intimiste, propice au suspense. Pour moi qui suis habituée aux thrillers sans temps morts, j’avouerais que ça m’a légèrement dérangée, sans pour autant me gâcher la lecture.

 

Et hoplé, une 5ème lecture de plus dans le challenge :

challenge-In-the-mood-for-Japan

Publié dans Littérature japonaise

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Véro. 22/05/2011 18:37


Pfff, Kafka sur le rivage m'a tellement ennuyé que je n'envisage même pas une lecture avec "quelques" longueurs !


djak 30/05/2011 14:15



Je te comprends...!



Irrégulière 17/05/2011 11:12


eh, ça a l'air pas mal du tout ! Je retiens !


djak 30/05/2011 14:14



Ca change des récits policiers dont on a l'habitude. Un autre style de suspense et d'enquête.



Ankya 16/05/2011 20:17


J'ai lu ce livre il y a quelques années déjà et je me souviens avoir adoré !!!


djak 30/05/2011 14:14



Oui, il est pas mal en effet! Merci pour ton commentaire.