Les Enfants de Staline, par Owen Matthews

Publié le par djak

Staline.jpgA travers son premier roman, Owen Matthews part à la recherche de ses racines familiales, surtout du côté de la Russie, dont vient sa mère, et essaie de comprendre l'état d'esprit non seulement des siens (il remonte jusqu'à son grand-père), mais également de tout un peuple qui est né, a grandi, a vécu dans le régime communiste totalitaire pendant plusieurs décennies. Car, au-delà de l'intrigue familiale et amoureuse qui ne m'a pas passionnée, c'est bien là que réside pour moi l'intérêt de ce roman : la peinture réaliste, précise et évidemment dérangeante de la vie dans l'union soviétique.
* Avec le grand-père Bibikov, nous découvrons l'émergence et la diffusion de l'esprit communiste (esprit de groupe - création des sovkhozes, sortes de fermes d'Etat visant à installer le principes de collectivisation - industrialisation de masse...). Bibikov profitera de ce système pour se faire une place dans la société stalinienne, mais sera victime des purges de la fin des années 30.
* Avec les filles de Bibikov, dont la mère du narrateur, Ludmila, nous découvrons le sort tragique des enfants et des orphelins après les purges et durant la guerre, livrés le plus souvent à eux-mêmes, vivant selon la loi du plus fort, souffrant de la faim et des maladies qui se propagent (Ludmila sera à jamais marquée par cette période puisque la tuberculose aura raison d'une partie de sa jambe). Ludmila, dont le rôle grandit à mesure que nous avançons dans le roman, est véritablement une "enfant de Staline": elle n'a que 3 ans quand son père est emmené : l'orphelinat et l'éducation stalinienne seront les seuls repères de son enfance et dès lors, la communication avec autrui, même ses proches, sera difficile.
* La fin du roman (une assez grande partie, à vrai dire) porte sur la relation amoureuse des parents de Owen Matthews, Ludmila et Mervyn (un Anglais), et sur le combat qu'ils ont dû mener contre les pouvoirs russes pour parvenir, après 6 ans, à se marier et à vivre ensemble en Angleterre.

Le style de ce roman est fluide et le rend agréable à lire, à reparcourir. Je lui ai certes trouvé des longueurs, mais on peut les passer assez rapidement étant donné la structure du roman en plusieurs courts chapitres axés sur des personnages précis. 
Le fait de centrer le récit sur trois générations différentes permet au narrateur de faire des va-et-vient intéressants entre les différentes époques : celle de son grand-père, celle de sa mère enfant, celle de ses parents, la sienne, enfin. Plusieurs passages décrivent ainsi le même lieu, mais d'un point de vue différent, sous un régime politique différent et cela donne une belle profondeur à la narration, nous permettant de mieux comprendre l'évolution de ce pays qui porte encore les stigmates du régime totalitaire.


Publié dans Littérature anglaise

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djak 09/03/2010 22:56


Et il a aimé, ton père?


Laurence (venzo2b) 08/03/2010 23:17


J'ai offert ce livre à mon père pour Noël. J'ai hâte de le revoir au printemps afin qu'il me le prête, ta chronique m'a donné plus qu'envie de le lire.


mrs pepys 07/03/2010 17:09


Un roman taillé sur mesure pour l'historienne qui est en moi. Il va falloir que je me renseigne auprès de ma bibliothèque...


djak 07/03/2010 00:10


Il vient de la biblio... sorry...


Stephie 06/03/2010 19:45


J'aime ce genre de romans. Je te l'emprunterais bien à l'occasion ;)