La couturière, de Frances de Pontes Peebles
Quelle belle rencontre que celle de ces deux couturières dont Frances De Pontes Peebles nous rapporte l’histoire dans son gigantesque et passionnant roman !
Nous nous retrouvons dans le Brésil des années 1930 : entre les difficultés de la survie à « l’intérieur » (la campagne profonde), les violences, les luttes de pouvoir internes, le combat pour le droit de vote des femmes, des élections nationales contestables, les bandes armées qui sillonnent le pays,… deux femmes, deux sœurs, deux couturières pauvres, qui se retrouvent brutalement séparées. Emilia, douce, jolie, patiente, va découvrir la vie bourgeoise à la ville et devra lutter pour y être acceptée, mais toujours hantée par ses origines. Luzia, colérique, dénigrée, handicapée suite à un accident dans son enfance, sera enlevée par les Cangaceiros, ces bandits qui terrorisent le pays entier, et devra s'y faire sa place, marginale parmi les marginaux. Découvertes de la souffrance, de la violence, mais aussi de l’amour, de l’amitié, de la fidélité, telles sont les étapes que vont franchir ces deux sœurs, à jamais séparées et pourtant toujours présentes dans les pensées l’une de l’autre.
Basé sur une alternance entre la vie d’Emilia et la vie de Luzia, le récit est vraiment saisissant : les chemins poudreux des villages brésiliens, la végétation hostile de « l’intérieur », le cheminement des gens du peuple cherchant à survivre, traquant le moindre gibier, le moindre cours d’eau ; les luttes et débats politiques, le besoin de « croire » de la population, les angoisses des deux jeunes femmes, … le lecteur se trouve confronté brutalement à toutes ces réalités sur lesquelles l’auteur s’est considérablement documentée pour nous fournir un roman très fouillé et fascinant.
Pour une découverte de la littérature brésilienne, ce fut vraiment une réussite et un grand coup de cœur !
Et hop, en voilà un dans mon challenge Histoire!
