L'Etranger, d'Albert Camus

Publié le par djak

Etranger.JPGEncore un Classique de lu grâce aux membres de Livraddict, qui ont organisé cette lecture commune (pour hier, certes, j'ai du retard... ) !

 

L’Etranger a pour cadre principal Alger, ses villages, son rythme de vie, sa chaleur écrasante. Le personnage principal, Meursault, fait partie de ces nouveaux héros des récits du XXe siècle, sans épaisseur, transparents, qui subissent la vie plus qu’ils ne la vivent. Le roman s’ouvre sur une nouvelle funeste pour Meursault : sa mère est morte et il doit assister à ses funérailles. Il se rend donc à Marengo, à l’asile pour vieillards dans lequel il avait placé sa mère, et prend place parmi les pensionnaires et responsables dans le cortège funéraire. Cette longue et lente déambulation, étrangement, ne constitue par pour Meursault l’occasion d’entrer en deuil, de faire un retour sur sa vie, sur ses relations avec sa mère. Il ne fait qu’observer ceux qui l’entourent et constater que la chaleur est de plus en plus étouffante. L’enterrement achevé, le personnage reprend rapidement et tranquillement sa vie, entame une relation amoureuse avec Marie et se découvre un ami parmi ses voisins, Raymond, qui l’entraînera dans une histoire de cœur malsaine, au bout de laquelle Meursault finira par commettre un crime à la fois inattendu et inéluctable.

La seconde partie commence alors : il s’agit du procès de Meursault, procès risible et tragique à la fois, où l’on juge un accusé pour autre chose que son crime, pour sa vie passée, pour son absence de sentiments, pour son attitude non conventionnelle, en résumé, pour ne pas correspondre aux dictats de la société.

 

Cette lecture a été très surprenante : si le début m’a laissée plutôt indifférente (je ne voyais pas l’intérêt du récit de Camus), la 2nde partie, où l’on voit le procès se dérouler m’a beaucoup touchée. J’ai été effarée, révoltée de voir l’étau se resserrer autour du personnage, non à cause de son crime (ce qui aurait été « normal ») mais à cause de ce qu’il est, à cause de ses différences, à cause de sa sensibilité toute personnelle, qui le fait apparaître comme insensible aux yeux des autres. La seconde partie m'a beaucoup questionnée par son côté dérangeant et je pense que Camus a réussi à me faire sentir ce que la vie peut effectivement avoir d'absurde parfois (L'Etranger fait partie du cycle de l'absurde).

L’écriture, quant à elle, est fluide et facile à lire : pas de description à rallonge, pas de pathos excessif, des faits uniquement, auxquels le lecteur se trouve confronté d'autant plus brutalement et qui, finalement, ne peuvent pas laisser de marbre.


D'autres avis chez Nymi, Setsuka, Cess et Liyah

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Véro. 30/08/2010 21:44


Une lecture qui m'avait marquée !


djak 06/09/2010 07:34



on s'en souvient, effectivement!



Nymi 22/08/2010 11:12


Comme toi j'ai été très touchée par la seconde partie, et très révoltée égalment par cette parodie de procès.
Ton billet est très éclairant et très bien écrit ^_^


djak 22/08/2010 20:15



merci!



Anne Sophie 21/08/2010 14:22


jamais lu...


djak 21/08/2010 19:39



j'ai apprécié la lecture, mais de là à le conseiller de manière inconditionnelle... peut-être pô...



Liyah 21/08/2010 14:06


Moi c'est le style de Camus qui m'a pas emballé ! Peut-être que j'essaierai de le relire plus tard !


djak 21/08/2010 19:38



Passe peut-être par le théâtre. Les Justes est pas mal du tout, et très court!



Cess 21/08/2010 11:18


J'aime beaucoup la façon dont tu parles de la deuxième partie. Il est vrai que c'est la plus impressionnante d'absurdité.


djak 21/08/2010 19:37



oui, ça bouillonnait en moi à mesure que j'avançais!